Costume
ASSOCIATION CANTONALE DU COSTUME VAUDOIS
Règlement des costumes
Nous portons le costume pour honorer la Patrie - il ne se démode jamais, donc faisons-le beau et seyant ; veillons surtout à ce qu'il ait une bonne coupe et que les teintes soient douces et harmonisées, car un seul ruban trop vif peut ôter tout cachet.
Evitons les ongles peints, les fards voyants et ne fumons pas.
Porter le costume national, c'est honorer sa patrie
L'histoire du costume vaudois, dont Huguette Chausson est l'érudite spécialiste, n'est point différente de celle des autres cantons suisses. Le costume variait, selon les régions et parfois selon les familles, surtout pour les costumes de fête que l'on se transmettait de génération en génération.
Dans les campagnes de la Broye ou du Gros-de-Vaud, de la Côte ou de Lavaux, du Pays-d'Enhaut ou du Jura, se perpétuaient des costumes au tissu solide: on filait et tissait au village. A Lausanne, il y avait plus de fantaisie, parfois même le Consistoire intervenait...
Au XVIlle siècle, des voyageurs décrivent le costume de nos paysannes ou de nos vigneronnes, Joseph Reinhardt, parcourant la Suisse pour en reproduire en une collection fameuse que possède le Musée historique de Berne de divers costumes », n'oublie pas le Pays de Vaud et l'on connaît les deux habitants des environs de Vevey: François Delajoux et Marguerite Gilliéron dans leurs pittoresques atours.
Des peintres nombreux nous ont laissé de charmantes esquisses avec surtout des dames de Montreux; certaines le mettaient pour aller à la vigne, raconte le Doyen Bridel. Au marché de Lausanne, le portrait bien connu de Jeanne Fomey et dAntoinette Dovat en 1794 le prouve, les marchandes portaient un costume authentiquement vaudois. Des nombreuses gravures exposées dans nos musées et soigneusement étudiées, il ressort que le costume vaudois se portait déjà dès 1750. La taille était haute (Empire), la jupe et le tablier longs, l'échancrure du corsage était souvent garnie d'un fichu croisé. Le chapeau, sans garniture aucune, est posé sur une coiffe noire ou quelquefois blanche, On peut penser que ce costume était le vêtement accoutumé de la société rurale car il est presque toujours planté dans un décor de vigne, de campagne et de marché. // ne faut pas oublier, qu'à l'époque, le Pays de Vaud était un canton essentiellement agricole et vigneron.
Le chapeau n'a pas changé depuis qu'on trouve sa trace, en 1739 déjà, et il n'est pas de coiffure qui, en pays romand, ait acquis une plus grande notoriété.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, deux essais furent tentés pour remettre en honneur le costume vaudois. Le promoteur du premier essai fut le pasteur Alfred Cérésole, un Vaudois fervent admirateur de sa patrie et de tout ce qui en fait le charme et la beauté. Le second essai, chaperonné par des hommes distingués de Lausanne, n'eut pas plus de succès que le précédent. La question du costume tomba dans l'oubli et seules quelques femmes patriotes le mirent de temps en temps pour une réunion de famille ou, lorsqu'elles étaient exilées à l'étranger, se joignant à une manifestation patriotique. // fallut, pour provoquer la renaissance du costume vaudois, l'exaltation patriotique inspirée par la Première
Guerre mondiale, le sentiment intensifié de l'amour de la patrie et le besoin d'affirmer sa solidarité.
Nos costumes nationaux sont à l'image des cantons: d'une diversité déconcertante. Mais d'où proviennent-ils ? Pourquoi chaque canton a-t-il le sien propre ? Pourquoi n'ont-ils pas débordé outre-frontière et pourquoi la Fribourgeoise portet-elle le « Krânzli », alors que la Vaudoise, sa voisine, se coiffe du fameux chapeau à borne ou à cheminée? // est difficile de répondre à toutes ces questions qui viennent à l'esprit. Les origines des costumes, quelle que soit la région qui les a vus naître, sont liées aux coutumes, à la configuration, à l'histoire du pays. C'était avant tout dans les campagnes et les montagnes que se perpétuait un costume, les modes n'y ayant pas la même influence qu'en ville.
Il est évident que l'origine de notre costume vaudois est due à la corporation des vignerons, dit Mlle Chausson. // apparaissait lors des «bravades » puis au cours des Fêtes des vignerons. Enfin, toujours à cause des célébrations de la vigne, il se maintint, peu ou prou, alors qu'on voyait disparaître ceux des autres cantons.
Simone Pache